
Votre banquier vient de glisser un contrat d’assurance sous vos yeux. Vous signez dans 48 heures. Le stress monte. Pourtant, ce réflexe de signer vite pourrait vous coûter plusieurs milliers d’euros sur la durée de votre prêt. Les banques détiennent encore plus de 85% du marché de l’assurance emprunteur, alors que la délégation permet souvent de diviser la facture par deux. Ce guide vous donne les clés concrètes pour faire le bon choix.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou courtier en assurance pour toute décision engageante.
- Demandez toujours 2-3 devis externes avant de signer quoi que ce soit
- Le tarif compte, mais les exclusions et la quotité font la vraie différence
- Vous pouvez changer d’assurance à tout moment depuis 2022, sans frais
- La banque a 10 jours pour vous répondre sur l’équivalence des garanties
Assurance groupe ou délégation : le vrai choix que votre banquier ne vous explique pas
Quand j’accompagne des emprunteurs, la même scène se répète. Le conseiller bancaire présente son assurance comme une formalité, presque un détail. Sauf que ce détail représente entre 25% et 35% du coût total de votre crédit selon les données compilées par les courtiers en 2025.
27%
de baisse des tarifs assurance emprunteur entre 2020 et 2025
L’assurance groupe, c’est celle que la banque vous propose par défaut. Elle mutualise les risques entre tous les emprunteurs. Résultat : si vous êtes jeune et en bonne santé, vous payez pour les autres. La délégation d’assurance, à l’inverse, vous permet de souscrire auprès d’un assureur externe avec un tarif adapté à votre profil réel. Avant d’aller plus loin, assurez-vous de bien comprendre la définition de l’assurance de prêt immobilier et ses mécanismes de base.
Ce que les banques ne vous disent pas : D’après une analyse des données courtiers 2025, un couple de 40 ans empruntant 200 000€ sur 20 ans peut économiser jusqu’à 15 000€ en optant pour une délégation. Sur un prêt de 25 ans, le montant grimpe encore.
Franchement, dans mon accompagnement d’emprunteurs ces dernières années, je constate que la signature de l’assurance groupe sous la pression du délai génère un surcoût significatif. Ce constat concerne surtout les profils jeunes et en bonne santé qui auraient tout intérêt à comparer. Soyons clairs : la banque n’est pas votre ennemie, mais son intérêt commercial n’est pas aligné avec le vôtre sur ce point précis.
Les 4 critères qui font vraiment la différence (et les 3 pièges à éviter)
Les comparateurs en ligne se focalisent sur le prix. C’est une erreur. Le tarif compte, évidemment, mais quatre autres critères déterminent si vous serez réellement protégé le jour où vous en aurez besoin. Des acteurs comme APRIL permettent justement de comparer et de souscrire une assurance externe avec des garanties équivalentes à celles exigées par les banques.
Quelle assurance selon votre profil ?
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Si vous êtes primo-accédant de moins de 40 ans en bonne santé :
Priorité au tarif. La délégation est presque toujours plus avantageuse. Comparez le TAEA (taux annuel effectif assurance) sur 3 offres minimum. Vous pouvez facilement diviser le coût par deux.
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Si vous êtes investisseur locatif :
Les garanties minimales suffisent souvent (décès + PTIA). L’ITT est rarement exigée pour du locatif. Vérifiez les exigences de votre banque et ne surpayez pas des garanties inutiles.
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Si vous avez plus de 50 ans ou un historique médical :
Priorité à l’acceptation. Comparez d’abord les exclusions avant le tarif. La convention AERAS facilite l’accès si vous présentez un risque aggravé de santé. Selon France Assureurs, le droit à l’oubli permet de ne plus déclarer un cancer après 5 ans de rémission.
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Si vous êtes co-emprunteurs avec des revenus déséquilibrés :
Attention à la quotité. Si l’un gagne 70% des revenus du foyer, une répartition 50/50 ne protège pas correctement le conjoint. Envisagez 100/70 ou 100/100 selon votre budget.

Si vous êtes primo-accédant en bonne santé
Votre situation est la plus favorable. Les assureurs se battent pour votre profil. J’ai accompagné Sophie, 34 ans, cadre commerciale en région lyonnaise. Prêt de 280 000€ sur 20 ans. L’assurance groupe proposée affichait un taux de 0,36% du capital, soit 20 160€ sur la durée totale. La banque insistait, le délai était serré.
Résultat après comparaison : délégation obtenue à 0,18%, économie de 10 080€. La banque a accepté après une simple relance. Ce cas illustre ce que je vois régulièrement : les profils jeunes et sains laissent des milliers d’euros sur la table par manque de temps ou d’information.
Si vous êtes investisseur locatif
Ici, la logique change. L’investissement locatif génère des revenus qui peuvent couvrir les mensualités même en cas d’incapacité temporaire. Les banques l’ont compris : elles exigent généralement moins de garanties. Concentrez-vous sur le décès et la PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie). L’ITT (incapacité temporaire de travail) est souvent superflue pour ce type de projet.
Si vous avez plus de 50 ans ou un historique médical
La donne est différente. Le prix devient secondaire par rapport à l’acceptation. Comparez d’abord les exclusions de chaque contrat. Un tarif bas avec des exclusions larges (dos, psy, pathologies préexistantes) ne vous protégera pas quand vous en aurez besoin. La convention AERAS et le droit à l’oubli ouvrent des portes, mais il faut savoir les utiliser.
| Critère | Assurance groupe | Délégation externe | Verdict |
|---|---|---|---|
| Tarif | Mutualisé, souvent plus cher | Personnalisé selon profil | Avantage délégation |
| Personnalisation garanties | Limitée, pack standard | À la carte possible | Avantage délégation |
| Formalités | Intégrées au prêt, rapide | Démarches supplémentaires | Avantage groupe |
| Changement en cours | Possible à tout moment | Possible à tout moment | Égalité |
| Relation banque | Facilitée | Potentiels freins administratifs | Avantage groupe |
Quotité, exclusions, carence : ce que les comparateurs ne vous disent pas
Les trois pièges qui font la différence entre une assurance qui vous protège et une assurance qui vous lâche au mauvais moment. Je ne vais pas vous mentir : j’ai vu des dossiers virer au cauchemar parce que ces points avaient été négligés à la signature.
Exclusions fréquentes à vérifier avant de signer : Sports à risque (ski hors-piste, plongée), pathologies dorsales, affections psychologiques, métiers classés dangereux. Si vous pratiquez le VTT de descente ou travaillez en hauteur, lisez les conditions générales jusqu’au bout.
La quotité détermine la part du prêt couverte pour chaque emprunteur. Pour un couple, la somme doit atteindre au minimum 100%. Mais attention : une répartition 50/50 signifie que si l’un décède, l’autre doit continuer à rembourser la moitié des mensualités. Si les revenus sont déséquilibrés, ce peut être intenable.

Ce que j’ai observé sur un dossier récent
J’ai accompagné un couple où le mari, seul à travailler, avait opté pour une quotité 50/50 pour réduire la prime mensuelle. Six mois après la signature, accident de la route. Décès. La veuve s’est retrouvée à devoir assumer la moitié des mensualités sans revenus propres. Avec une quotité 100% sur le conjoint actif, la situation aurait été tout autre.
Le délai de carence correspond à la période pendant laquelle vous n’êtes pas couvert après la souscription. Comptez généralement 90 jours pour les garanties ITT et IPT. Autrement dit, si vous tombez malade la première semaine, vous payez de votre poche pendant trois mois. La franchise, elle, s’applique à chaque sinistre : ça tourne souvent autour de 30 à 90 jours selon les contrats.
Mon avis (qui n’engage que moi) : ne choisissez jamais une assurance uniquement sur le prix affiché. Demandez systématiquement le tableau des exclusions et vérifiez les délais. Une économie de 20€ par mois peut se transformer en catastrophe si les exclusions vous concernent.
Changer d’assurance en cours de prêt : la procédure qui fonctionne vraiment
Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine permet de résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre la date anniversaire. Sur le papier, c’est simple. Sur le terrain, c’est une autre histoire.
Selon les règles officielles du Ministère de l’Économie, la banque dispose de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre dossier complet pour vous répondre. Mais l’enquête APCADE 2025 révèle que dans 38% des cas, ce délai est dépassé. Et 41% des emprunteurs rencontrent des obstacles administratifs avec des allers-retours multiples.
La procédure concrète pour changer d’assurance
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Demandez la fiche standardisée d’information
Votre banque doit vous la fournir. Elle liste les garanties exigées et les critères d’équivalence retenus (11 maximum sur les 18 définis par le CCSF).
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Obtenez 2-3 devis d’assureurs externes
Comparez le TAEA, les exclusions et les délais de carence. Pas uniquement le montant mensuel.
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Envoyez votre demande de substitution
Lettre recommandée avec le nouveau contrat et les attestations de garanties équivalentes.
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Attendez la réponse sous 10 jours ouvrés
Acceptation ou refus motivé par écrit avec indication des garanties manquantes.
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Signez l’avenant au contrat de prêt
La banque dispose ensuite de 10 jours pour modifier le contrat par avenant.
Pour visualiser l’impact sur votre budget, lancez une simulation de votre prêt immobilier incluant différents scénarios d’assurance. La différence sur 20 ou 25 ans peut atteindre plusieurs milliers d’euros.
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Demande de devis auprès d’assureurs externes -
Réception des propositions et comparaison -
Envoi de la demande d’équivalence à la banque -
Réponse de la banque (dans le délai légal) -
Signature de l’avenant et prise d’effet
8 points à vérifier avant de valider votre assurance
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TAEA comparé sur au moins 2 offres concurrentes
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Équivalence des garanties confirmée par écrit par la banque
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Liste des exclusions lue et comprise (sports, métiers, pathologies)
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Délai de carence identifié pour chaque garantie
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Quotité adaptée à votre situation de couple et revenus
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Franchise ITT/IPT vérifiée (30, 60 ou 90 jours)
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Conditions de résiliation futures comprises
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Date de prise d’effet alignée avec le déblocage du prêt
Vos questions sur le choix de l’assurance emprunteur
Ma banque peut-elle refuser une délégation d’assurance ?
Oui, mais uniquement si les garanties de votre nouveau contrat ne sont pas équivalentes à celles exigées. Le refus doit être motivé par écrit avec indication précise des critères manquants. Si la banque refuse sans justification valable, vous pouvez saisir le médiateur bancaire.
Puis-je changer d’assurance après avoir signé mon prêt ?
Oui, à tout moment et sans frais depuis la loi Lemoine de 2022. Vous n’avez plus besoin d’attendre la date anniversaire du contrat. La procédure prend généralement 3 à 4 semaines entre la demande et la prise d’effet.
Quelle quotité choisir pour un couple avec des revenus différents ?
La quotité totale doit être d’au moins 100%. Si l’un des conjoints gagne significativement plus que l’autre, envisagez une répartition asymétrique (ex : 100/70 ou 100/50) avec la couverture maximale sur le revenu principal. Cela protège mieux le conjoint survivant en cas de décès du principal contributeur.
Les garanties IPT et ITT sont-elles vraiment utiles ?
Pour une résidence principale, oui. L’ITT (incapacité temporaire totale) couvre vos mensualités si vous ne pouvez plus travailler temporairement. L’IPT (invalidité permanente totale) prend le relais en cas d’invalidité durable. Pour un investissement locatif, ces garanties sont souvent facultatives puisque les loyers peuvent couvrir les mensualités.
Comment savoir si mes garanties sont équivalentes ?
Demandez la fiche standardisée d’information à votre banque. Elle liste les 11 critères (sur 18 possibles définis par le CCSF) que votre banque a retenus. Votre nouveau contrat doit couvrir au minimum ces 11 critères pour être accepté en délégation.
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose : ne signez jamais l’assurance groupe sans avoir demandé au moins deux devis externes. Cette démarche prend quelques jours mais peut vous faire économiser l’équivalent de plusieurs mois de salaire sur la durée du prêt.
Conseil pro : Conservez tous les échanges écrits avec votre banque concernant l’assurance. En cas de refus d’équivalence, ces documents seront précieux pour contester ou saisir le médiateur.
Plutôt que de subir le choix imposé par votre banquier, prenez le temps de comparer. Les outils existent, la loi vous protège, et les économies potentielles justifient largement l’effort. Quelle est la prochaine étape pour votre projet immobilier ?
Précisions sur les garanties et limites
- Ce guide ne remplace pas l’analyse personnalisée de votre situation par un courtier ou conseiller
- Les tarifs et conditions mentionnés sont indicatifs et varient selon votre profil (âge, santé, profession)
- La réglementation assurance emprunteur évolue régulièrement, vérifiez les textes en vigueur
Risques à considérer : refus d’équivalence si garanties insuffisantes, non-couverture si exclusions non identifiées, surcoût en cas de fausse déclaration au questionnaire de santé. Consultez un courtier en assurance emprunteur ou votre conseiller bancaire pour une analyse personnalisée.